« Retour au blog de x-noch-einmal-x

Chapitre Trois

Chapitre Trois
Elle se réveilla en sursaut en début de matinée. Un cauchemar étrange avait prit possession de ses rêves et l'avait drôlement troublée. Elle se souvint d'avoir vu du sang, beaucoup de sang. Une femme avec la moitié du visage voilée hurlait à s'en fendre l'âme et des larmes de sang coulait sur ses joues. Sa bouche tailladée, anormalement trop grande, laissait entrevoir quelques dents cassées et jaunit. La femme avait levée la main, mais la suite avait été effacée par le subconscient de la jeune fille.
Elle tourna la tête vers la table de chevet. Les chiffres rouges clignotant attirèrent son attention.

3h00.

Elle émit l'hypothèse d'une panne de courant, mais se ravisa en songeant que l'heure indiqué serait 12h00. Elle tendit la main vers sa montre qui jonchait sur le sol et vit qu'il n'était à peine sept heure moins le quart. Elle programma son réveil, enfila ses pantoufles et descendit au rez-de-chaussée. Le bruit des casseroles et l'odeur alléchantes des ½ufs brouillés lui indiqua que son grand-père était déjà levé. Elle se dirigea vers la cuisine et le salua.

« Bien dormis ?, questionna-t-il.
- Plus ou moins. Tu as besoin d'aide pour le petit déjeuner ?
- Si tu pouvais mettre la table, ça serait bien »

Elle acquiesça, sortit les ustensiles et les plaça sur la table. Dehors, le ciel était encore teinté de rose et le soleil réchauffait peu à peu les rues de Weiden. De la cuisine, Anke pouvait voir le boisé qui entourait la maison. Des sentiers se dessinait entre les arbres, menant on ne sais où.
L'assiette fumante qui se déposa devant ses yeux la sortit de sa contemplation. Elle mangea en face de son grand-père, tout en parlant de ce qu'ils devaient faire aujourd'hui.

Après avoir prit sa douche, s'être habillé et avoir attachée ses longs cheveux brun, Anke prit un balais et ouvrit la porte qui menait au sous-sol. Une ampoule dénudé etait la seule source de lumière pour se rendre dans la cave humide. Elle tira sur la chaînette pour l'allumer et descendit. Personne n'était encore venu ici depuis la veille. Au sous-sol, Anke alluma sa lampe de poche, cherchant un interrupteur. Elle trouva ce dernier, caché sous une imposante toile d'araignée. La lumière clignota quelques secondes et s'alluma enfin. À première vue, le sous-sol était à aire ouverte. Seul un mur était placer afin de séparer la pièce en deux. Deux murs sur quatre était en bois, les deux autres en brique. Cependant, une porte, au fond laissait croire qu'une autre pièce tenait lieu. Intrigué, elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Rien ne se trouvait de l'autre coté. Du moins, rien sauf un mur de brique. Quelqu'un la érigé, mais pourquoi ?

Elle haussa les épaules et commença à balayer. La poussière volait dans tout les sens, rendant bientôt l'air irrespirable. Anke se servit d'une vieille caisse en bois qui traînait dans un coin pour se hisser afin d'ouvrir la fenêtre qui, à sa grande surprise, était entre ouverte. Elle l'ouvrit et fit quelque mouvement circulaire avec ses bras dans le but d'aérer l'espace. Elle redescendit et continua son ménage, astiquant les moindres recoins, chassant tout les toiles d'araignées. Lorsqu'elle arriva dans un coin isolé du sous-sol, elle remarqua que le plancher était renfoncé à quelques endroit. Elle se pencha et aperçue sur le mur de bois de longs sillons. Elle plaça ses doits et constata que ses marques avait été faite par des ongles. Elle se redressa en plaçant sa main sur sa bouche. Elle remarqua que, plus haut sur le mur, deux anneaux d'aciers était solidement incrustés dans la brique. Elle se précipita au rez-de-chaussée. Sa conscience lui hurlait d'en parler à Amadäus, mais elle n'avait aucune preuve de ce qu'elle avancait. Qui sait, peut-être se trompait-elle complètement.

[ ... ]

« Anke, tu veux bien allez à la boulangerie acheter un pain pour ce soir ?
- Bien sur, grand-père. J'y vais. »

Elle enfila ses vieilles chaussures et sortir à l'extérieur. Heureusement qu'elle avait laissée ses cheveux attachés. La chaleur et l'humidité était oppressantes. Elle remonta l'allée jusqu'à enfin arriver sur la route. Elle marcha une centaine de mètres et arriva enfin au village. Quelques enfants jouait au parc, sous la supervisions de leurs parents, quelques ados se saluait lorsqu'ils se croisaient. Tout était calme, normale pour un village.
La petite clochette au dessus de la porte sonna lorsque Anke entra dans la boulangerie. Tout les regards se posèrent sur elle. Ils lui sourirent et certains lui souhaitèrent la bienvenue.

« Bonjour ma belle, comment t'appelles-tu ?, demanda la boulangère.
- Anke.
- Très jolie nom, que puis-je pour toi ?
- Merci. J'aimerais avoir une baguette. »

La boulangère lui sourit et elle partit à l'arrière boutique lui chercher sa commande. Un homme habillé d'une soutane se mit à ses coté.

« Bonjour, ma fille. Je suis le père Nikolaus.
- Bonjour mon père. Enchantée, je suis Anke.
- Dit moi, d'où viens-tu?
- De Berlin. N'ayant nul autre famille que mon grand-père, nous avons décidés de revenir ici. Peut-être le connaissez-vous, d'ailleurs. Il se nomme Amadäus Saëns.
- Amadäus, bien sur que je m'en rappelle. J'était à mes début ici et lui n'était encore qu'un enfant. Un vrai petit démon. »

Anke sourit. Il n'était pas rare que celui-ci l'appelle comme ça.

« Sous votre respect, comment se fait-il que vous le connaissiez lorsqu'il était enfant ?
- Oh, je sais que je ne les fait pas, mais j'aurais bientôt un siècle!»

Anke le regarda, étonné. Il rigola gentiment.

« Et où demeurez-vous ?
- La grande maison, un peu éloigné dans les bois, sur la rue Feisher. »

Le père Nikolaus se raidit à cette évocation. La dame qui apportait le pain et qui, par mégarde avait surpris leurs conversation pâlit. Anke, confuse par cette attitude si soudaine, ne s'avait quoi faire.

« Il y a un problème ?, questionna-t-elle. »

Les deux adultes échangèrent un regard et reprirent leurs occupations, comme si de rien était, laissant la question d'Anke en suspend. La boulangère lui fit un sourire crispé en lui tendant son sac. L'adolescente la remercia et quitta les lieux. Elle n'eut fît dix mètre qu'une main se posa sur son épaule.

« Prenez ceci et gardez le sur vous, constamment. »

Le père Nikolaus tourna les talons et partit en sens inverse, vers l'église. Anke ouvrit sa main pour y découvrir un chapelet. Le collier était en perle noir ainsi que le Christ. La croix sur laquelle il reposait était blanche. Elle le passa à son coup, le cachant dessous son t-shirt.
Elle décida de faire le reste du chemin à la course, ayant toujours aimée courir. Elle avait découvert ce moyen pour extérioriser sa colère, son incompréhension et sa tristesse. Elle adorait courir jusqu'à en avoir mal, jusqu'à sentir la pulsation de son c½ur battre dans ses cuisses. La douleur physique qu'elle ressentait était loin d'être comparable à cette tempête d'idée noir qui tourbillonnait sans cesse dans sa tête, mais elle lui rappelait qu'elle était en vie.

Elle arriva à peine deux minutes plus tard, restant quelques secondes sur le pas de la porte essayant vainement de reprendre son souffle. Lorsqu'elle entra dans la maison, la bonne odeur des pâtes à son grand-père vinrent lui titiller les narines.
Pendant le repas, seul le bruit des ustensiles crissant contre la céramique des assiettes occupait le silence. Perdue dans ses pensées, Anke cherchait un moyen d'engager la conversation au sujet de la maison avec Amadäus. Elle opta finalement pour la manière radical.

« Dit, grand-père. Tu sais pourquoi les anciens occupants ont quittés cette maison ?
- Et bien, l'agent immobilier est resté très vague sur le sujet. J'ai cru comprendre qu'il y avait eu un décès ou je ne sais quoi et qu'ils ont préférés quittés la maison. Pourquoi ?
- Un décès ? Dans la maison ?
- J'en sais rien. Mais pourquoi me poses-tu toutes ses questions ?
- Au village, les gens semble avoir peur de cette maison. »

Amadäus haussa les épaules et se plongea dans la contemplation des différantes arabesques décorant son assiette. Agacée, Anke ne prit pas la peine de terminer son repas et monta dans sa chambre. Le mois d'Août est vraiment pénible cette année. La chaleur en est presque suffoquante. Elle ouvrit l'une des deux fenêtres en demi cercle et aspira une longue bouffée d'air frais. S'appuyant contre le rebord, elle admira le paysage. Malgré le fait que cette maison ne lui inspirait pas confiance, le décors, lui en valait la peine. Un boisé entourait la maison. Si ce n'était de cette chaleur, Anke serait sortit avec joie découvrir son nouvel environnement. Elle soupira et s'installa au bureau. Elle alluma son ordinateur portable et se connecta sur MSN. Quelques fenêtres s'ouvrirent mais l'envie de parler à ses anciens amis n'y était pas et elle préféra se déconnecter. Elle quitta l'ordinateur après avoir vérifié ses messages et plaça un CD dans sa chaîne stéréo. I dont wanna stop d'Ozzy Osbourne s'éleva dans la pièce et Anke se laissa porter par les paroles, mimant quelques accords sur une guitare imaginaire.

À l'extérieur, le ciel s'assombrissait de plus en plus, plongeant les rues tranquilles de Weiden dans l'obscurité. Les enfants sombrait dans un profond sommeil, les parents s'apprêtaient à regarder leurs émissions télés, profitant du calme, et une ombre cachée dans le boisé, observait une jeune fille par la fenêtre de sa chambre, un léger sourire au lèvres.

# Posté le dimanche 24 février 2008 11:13

Modifié le jeudi 19 juin 2008 18:58

« Article précédent : Chapitre Deux

Article suivant : Chapitre Quatre »