Par reflex, elle frotta ses mains sur ses avant-bras essayant vainement de se réchauffer. Sa vue encore brouillée par la fatigue n'était pas très nette et ne lui renvoyait qu'un point brouille lorsqu'elle essaya de lire l'heure sur son cadran. En se frottant et plissant légèrement les yeux, la masse flou devint peu à peu des chiffres et Anke put constater que quatorze heures approchait.
Ne voyant pas l'utilité de se recoucher à cette heure, Anke enfila ses pantoufles en flanelles et descendit à la cuisine. Sur le réfrigérateur, elle vit un mot laissé par son grand-père lui disant qu'il était partit tôt ce matin pour faire son jogging matinal et qu'il arrêterait probablement en ville acheter de quoi faire le souper. Anke calcula que Amadäus devait probablement être partit aux alentour de huit heure ce matin. Elle pinça sa lèvre inférieur, inquiète en réalisant que celui-ci devrait être rentrer depuis longtemps. Un coup d'½il à la porte d'entrée fit accéléré les battements de son c½ur. Le verrou était toujours mit, donc il n'était toujours pas rentré.
Elle enfila des chaussures et sortit à l'extérieur à la recherche de son grand-père. Elle fit quelques pas en direction de la route lorsqu'un bruit sourd venant de l'arrière de la maison retentit. Elle se dirigea vers la source du bruit et souffla de soulagement en voyant Amadäus s'affairant à vider la remise.
« Enfin levée !, cria-t-il. Il posa ses main sur ses hanche en soufflant. Anke le rejoignit et déposa un chaste baisé sur sa joue.
- Oui, il y a tout juste cinq minutes.
- Dommage que tu ne sois pas venue courir avec moi ce matin, Anke. Le paysage est magnifique.
- Tu devrais éviter de courir avec cette humidité, grand-père. C'est risqué.
- Mais oui, allez, j'ai encore du travail à faire.
- Je peux t'aider ?
- Il y aurait le grenier à vider... J'ignore pourquoi les anciens propriétaires ont laissés toute leurs choses. La remise est pleines d'outils à jardinages, presque neufs ! Enfin bref. »
Anke sourit et rejoignit la porte arrière. Avant de tourner la poignée, elle resta immobile, soupirant d'aise au contact de l'air chaud contre sa peau. En ouvrant la porte de la maison, elle trouva étrange le fait que la température de sa chambre était aussi froide. La température était relativement stable depuis leurs arrivés et l'humidité était suffoquante. Elle secoua la tête en se disant que ce n'était probablement qu'un problème électronique.
Elle se rendit dans la cuisine où elle vola une pomme dans le panier à fruit et remonta dans sa chambre.
« Mierda.. »
La température de sa chambre était comparable avec celle d'un sauna. Elle programma à nouveau la température, ne la faisant pas dépasser dix-sept. Elle nota sur un bloc-notes d'appeler un électricien.
Elle jeta le trognon de sa pomme dans la poubelle et marcha jusqu'à la porte au fond de la pièce, celle qui même au grenier. Les marches étaient poussiéreuses et craquaient sous les pieds de Anke. Arriver dans la pièce, elle fut éblouie par le soleil. Contrairement à la plus part des greniers, celui-ci était à aire ouverte et la fenêtre en forme de cercle laissait passer abondamment les rayons du soleil. Les lattes de bois claires qui constituaient le plancher étaient légèrement rayer, probablement du à aux meubles. Elle avança et s'appuya sur la rampe qui la séparait du vide. Si elle baissait la tête, elle pouvait voir, entre les poutres de bois, sa chambre.
Elle se tourna et soupira. Beaucoup d'objets diverses traînaient dans la pièce. Des coffres, des tableaux, des meubles. Anke espéra pourvoir vider le grenier avant ce soir. Elle ouvrit alors la fenêtre et regarda en bas. La fenêtre était assez large et donnais sur le devant de la maison. Elle venait de trouver le moyen d'éviter de descendre les escaliers pour vider la pièce.
[ ... ]
Après deux heures entières à jeter divers objets et déplacer quelques meubles, Anke se laissa choir sur un vieux fauteuil qui à première vue ne datait pas du siècle actuel. Son recouvrement de velours couleur bourgogne avec quelques broderies dorés était recouvert d'une fine pellicule grisâtre accumulé au fil des ans passés dans cette pièce poussiéreuse. Lorsque ses fesses s'enfoncèrent dans la rembourrure moelleuse, les particules s'envolèrent, s'infiltrant dans ses poumons et la faisant éternuer. Par réflexe, elle plaça ses mains au niveau de sa bouche et son corps s'arqua vers l'avant. En relevant la tête, elle aperçue, caché entre le mur et une poutre perpendiculaire au sol, un coffret. En soupirant et levant les yeux au ciel, Anke se releva difficilement et tira une des deux poignées sur le coté du coffre jusqu'à ses pieds. C'était une petite malle en bois, verrouillée à l'aide d'un fermoir en fer noir. Elle eut beau chercher de fond en comble la pièce, elle ne vit aucune clef susceptible d'ouvrir ce coffre.
[ ... ]
La vapeur s'échappant des légumes rôtissant dans la poêle emplissait peu à peu la pièce d'une odeur délicieuse. Le poulet, entrain de dorée dans le four, complétait cette parfaite harmonie olfactive. Anke finissait de mettre les couverts sur la table lorsqu'une petite boule noir se faufila entre ses pieds. Le chat miaulait et se frottait aux jambes de l'adolescente, la fixant de ses grands yeux marrons. Au loin, les cloches de la grande église dansait leurs danse journalière.
[ ... ]
Toujours quelque peu apeurée de la salle de bain, Anke ferma la porte à clef et laissa couler l'eau de la douche avant d'embarquer dans la cabine. Ses muscles se détendirent sous les douces caresses de l'eau brûlante roulant sur sa peau hâlée. Elle s'empara de son shampooing, fit mousser le gel dans ses longs cheveux, tout en chantonnant une chanson qui jouait à la radio. Elle resta quelques minutes immobile, appréciant la chaleur presque étouffante de la cabine de douche, les yeux fermé, le jet d'eau lui arrivant en plein visage. Un goût soudain de fer se répandit dans sa bouche. Elle ouvrit les yeux et un cris d'effroi resta bloqué dans sa gorge. Un liquide épais et rouge s'échappait de la pomme de douche. Son regard affolé fit le tour de la douche. Étrangement, tout était en noir et blanc. Les parois de la douche, les bouteilles de shampooings, son corps. Tout sauf le liquide sanglant qui coulait le longs de son corps pour disparaître dans le drain. Elle remarqua également que le rideaux de la douche était différent.
Une main passa à travers elle. Elle se retourna et aperçut une femme, probablement dans la fin trentaine. Les couleurs étaient absentes, mais la dame semblait avoir les cheveux clairs et les yeux foncés. Elle était belle. Une beauté naturelle, qui ne fait que s'amplifier avec le temps. Étrangement, Anke était persuadée de l'avoir déjà vu quelque part, mais où ?
Occupée à chercher d'où se visage lui était familier, l'adolescente ne remarqua pas que l'eau avait repris sa couleur translucide et que le rideau de douche s'était ouvert. Ce n'est que lorsqu'elle vit l'expression d'effroi qu'affichait la femme qu'elle tourna la tête. Une silhouette ombragée se tenait à coté de la douche. Impossible de voir de qui il s'agissait, mais lorsque la personne leva le bras et que la pointe affûtée scintilla aux reflet de la lumière, Anke comprit la terreur de la dame. Brusquement, la personne déploya son bras et l'arme trancha la gorge de l'inconnue. Le sang gicla, éclaboussa la douche et recouvrit bientôt tout les murs d'une couleur cinabre.
La jeune fille reprit subitement conscience, le souffle coupé. Sa respiration cillait à chaque inspiration. Elle regarda autour d'elle. Les couleurs étaient revenues ainsi que les objets. Elle coupa l'eau et sortit rapidement de la douche. Les deux mains appuyées sur le rebord du lavabo, Anke observa son reflet dans le miroir. Devenait-elle folle?
Elle secoua nonchalamment la tête en soupirant et mit cela, encore une fois, sur le dos de la fatigue.