Au salon, assise au piano, Anke laissait parcourir ses doigts sur les notes, le regard perdu à travers la fenêtre. Le mois de Septembre étant arriver, le petit boisé entourant la demeure des Saëns se dénudait peu à peu. Anke arrivait même à voir la route entre les arbres. Elle fit une pause, nota quelques notes sur une partition vierge qui reposait sur le couvercle du piano et soupira. Dieu que le temps était long dans ce village. La trotteuse de l'horloge grand-père émettait un tic-tac répétitif qui semblait narguer l'adolescente.
« Vas chier. »
Elle se leva et enfila ses chaussures ; remarquant un trou qui c'était formé sur le coté d'une de ses converse.
« Géniale ! »
Elle soupira une nouvelle fois avant de laisser un mot à son grand-père pour l'avertir de sa petite promenade. En refermant la porte, le vent froid la surpris. Un nouveau soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Elle devrait retourner à l'étage chercher une veste.
[ ... ]
Dans le seul parc du village, assise au pied d'un grand saule pleureur, Anke se plaisait à remémorer son enfance. Chaque week-end, elle et ses parents venait ici rendre visite à ses grands-parents et à chaque fois, Amadäus l'emmenait ici. Elle passait ses journée sur la balançoire- présentement occupé par la petite Ottilie qu'elle avait rencontré plus tôt cette semaine. Elle sortit de son sac un grand cahier à demi remplis et une petite boîte rectangulaire en carton contenant plusieurs bout de fusain. Elle fit de grands trait noir sur la feuille blanche et bien vite, tout cela se transforma en un décor maussade. Depuis la mort de ses parents, l'adolescente n'avait jamais réussis à retrouver cette gaieté qu'avant l'habitait. Lorsqu'une personne que l'on aime meurt, une partie de nous s'envole avec elle. Bien que son grand-père remue mers et ciels pour lui donner tout l'amour parental qu'elle ne recevra jamais, cela ne comble en rien le vide qui c'est créé dans le c½ur d'Anke.
Ce n'est que quelques heures plus tard que ses membres transis la ramèrent à la réalité. Elle remonta la fermeture de sa veste et rangea son cahier dans son sac. Se relevant péniblement, elle passa la bandoulière de son sac et prit le chemin vers la sortit. En passant devant la balançoire maintenant vacante, elle hésita, puis céda à l'envie de s'y installer. Elle laissa tomber lourdement son sac dans le sable froid et s'assit sur le bout de bois, tenant fermement les chaînes dans ses mains. Elle se donna un élan et en quelques secondes, se retrouva dans la peau de cette petite fille de cinq ans, riant à gorge déployer sous les poussés de son grand-père. Elle regarda les nuages s'approcher et s'éloigner au fil de ses montés et descentes. Lorsqu'elle était petite, une fois elle avait essayé de les attraper, ce qu'y lui avait valu quelques bleus. Elle ri légèrement à ce souvenir. Elle baissa les yeux et aperçue un garçon assit sur un banc, la regarda. Un sourire étirait ses lèvres. Visiblement, le sourire stupide qu'affichait Anke le faisait rire. Elle freina et débarqua de la balançoire. Le jeune homme lui fit un signe de tête et simplement par politesse, elle le lui rendit. Timidement, elle s'avança jusqu'à lui. Ses cheveux mi longs châtain virevoltait gracieusement sous les rafales de vents. Ses yeux bruns étaient remplis de malice et son sourire contagieux.
« Bonjour, dit-il.
- Salut.
- Je présume que tu es Anke Saëns ?
- Comment le sais-tu?
- Ce n'est pas tout les jours qu'il y a de nouveaux arrivant à Weiden. Après tout, il n'y a qu'une seule route qui traverse le village et la majorité des personnes qui l'emprunte ne prennent même pas le temps de regarder.
- Normale.
- Pardon ?
- Enfin, votre village.. il est banale. Je veux dire, il n'y a rien d'extraordinaire ici. Un village normale quoi..
- Peut-être pas autant que tu ne le crois, murmura-t-il.
- Quoi?
- Non rien. Au fait, je m'appelle Georg Listing.
- Contente de te connaître.
- Alors, où habites-tu?
- La maison dans le boisé, un peu à l'écart du village. Je sais pas si tu vois où c'est. »
Le visage de Georg blêmis, ce qui n'échappa pas à Anke. Le garçon qui semblait si sure de lui, semblait maintenant inquiet, limite s'il ne tremblait pas.
« Tout va bien ?, demanda Anke en posant sa main sur l'épaule du jeune garçon.
- Oui, oui. Je, je dois y aller.. À une prochaine fois, peut-être. »
Georg se releva précipitamment mais au moment ou il allait faire un pas, de longs doigts fin entourèrent son poignet. Il se retourna dans l'intention de demander à l'adolescente de le lâcher, mais le regard d'Anke l'en dissuada. Il soupira et se rassit.
« Explique moi pourquoi tout le monde réagis bizarrement lorsqu'ils apprennent que j'habite cette maison.
- Écoute, si tu ne le sais pas, c'est probablement mieux comme ça et..
- Je veux s'avoir et j'en ai le droit. S'il te plaît Georg, dit le moi. »
Le garçon soupira. Déballer toute cette histoire ne l'enchantait pas. Avec tout les efforts qu'il avait dut faire pour oublier, il n'était pas sur que remettre ça sur le tapis soit des plus approprié. Devant les yeux suppliants de la jeune fille, il se dit néanmoins qu'elle devait s'avoir la vérité. Il ouvrit la bouche mais avant qu'un son en sorte, un cris retenti au loin.
« Georg ! J'ai besoin de ton aide ! Dépêche-toi !, hurla un homme devant une boutique.
- Je.. c'est mon père. Il est horticulteur et je l'aide à s'occuper de toute les plantes.. Écoute. Reviens me voir, je suis toujours là. »
Sans laisser le temps à Anke de répondre, il se leva et partit en quatrième vitesse. Elle se leva et replaça une mèche de cheveux qui lui barrait la vue. Elle plaça son sac sur ses épaules et partit vers l'église, situer au centre du village.
Arriver devant les grilles, Anke resta longuement devant à admirer cette bâtisse imposante aux allures gothique. Elle poussa légèrement sur les barreaux, juste assez pour pouvoir entrer, et s'engagea sur le sentier border de fleurs. Elle contourna l'église pour se rendre dans la cours arrière, le cimetière. C'est une autre des raisons pour lesquelles Anke et son grand-père son revenus ici. Sa mère et son père avait grandis dans ce village et avait été enterrés ici. Du moins, deux pierres tombales ont été érigés en leurs noms, mais leurs cercueils ainsi que celui de son défunt petit frère demeurent vides. Après plusieurs minutes de recherches, elle trouva enfin le lieu où ils reposent depuis sept ans. Elle s'assit au milieu des feuilles orangés et observa la tombe ou leurs trois photos étaient incrustés dans la pierre. Elle retraça du bout des doigts les inscriptions et laissa une larme couler. Tout sa pour un concours de gymnastique. Ses parents avait pris l'avion à Chicago et n'avait malheureusement jamais atteint leurs destination. Elle resta quelques minutes à leurs parler puis se releva et pris la route vers sa maison.
Lorsqu'elle entra dans la maison, elle soupira d'aise en sentant la chaleur ambiante réchauffer son corps geler.
« Grand-père! Je suis rentrée !, cria-t-elle en retirant ses chaussures et sa veste.
- Je suis au salon. »
Elle alla directement le rejoindre. En entrant, le portrait de famille accrocher au dessus du foyer lui fit un pincement au c½ur, mais elle détourna bien vite son attention pour se concentrer sur se que son grand-père lui disait.
« Je commande de la pizza ce soir, ça te va ? »
Anke fut d'abord surprise d'apprendre qu'ils livraient de la pizza dans ce bled, puis approuva d'un signe de tête.
« Tu n'a qu'à commander. Je vais aller me changer pendant ce temps. »
[ ... ]
Anke respira longuement l'odeur de la grande veste qu'elle venait d'enfiler. Elle appartenait à son grand-père, mais celui-ci ne dirait rien. Elle passa un petit shorty noir et mit des bas de laine de la même couleurs pour éviter d'attraper froid. Elle s'assit sur le rebord de sa fenêtre et regarda le paysage. Le ciel s'assombrissait de plus en plus et la lune se levait tranquillement. Au loin, le clocher de l'église dépassait de la cime des arbres et Anke observa les cloches danser. Un puissant rayon de lumière l'aveugla et elle plissa les yeux en grognant. Une Ford Fiesta blanche au portières rouillés descendit l'allée pour se garer devant la maison. D'où elle était assise, Anke ne voyait que de profil, mais c'était suffisant pour voir l'homme hésiter avant d'aller sonner à la porte.
Elle se leva et descendit les escaliers. Le livreur semblait exaspéré du temps que mettait Amadäus pour prendre l'argent. Il regardait partout avec, semble-t-il, la seule pensée de quitté ses lieux.
« Laisse, grand-père. Je m'en occupe.
- Merci ma puce. »
Anke tandis un billet de vingt au livreur qui sembla la remercier du regard et déguerpis en moins de temps qui faut pour le dire.
« Putain, mais y en à marre ! »
Elle ferma brusquement la porte et rejoins son grand-père dans la cuisine. L'odeur alléchante de la pizza lui redonna la bonne humeur et elle discuta en souriant avec son grand-père.

