Chapitre Vingt

Chapitre Vingt
Dehors, les rafales de vents firent tournoyer ses cheveux et un violent frisson lui traversa le corps. Elle continua tout de même à avancer vers le bois, sentant l'irritation la quitter peu à peu. Elle inspira une grande bouffée d'air et marcha droit devant elle, là où le boisé devenait plus dense. Elle ignorait pourquoi, mais plus elle avançait, plus elle s'éloignait de la maison, plus son humeur s'égaillait. Elle continua donc, attendant que la voix réapparaisse.

Un craquement la fit sursauter. Elle se retourna, cherchant d'où venait le bruit, et se cacha derrière un tronc d'arbre. Soudain, sortit de nul part, Devilish se tenait à ses pieds, se frottant contre ses mollets en ronronnant. Elle se pencha pour le prendre dans ses bras mais il déguerpit en courant, s'arrêtant cinq mètres plus loin pour regarder Anke. Cette dernière avança et le chat repris sa course à travers les bois. Contrairement à ce que Anke aurait du ressentir, elle se sentait sereine, parfaitement en sécurité. Il ne devait être plus de midi, mais le ciel obscurci donnait l'impression que la journée touchait à sa fin.

Une cinquantaine de mètre plus loin, Anke entendit le faible bruit d'un ruisseaux. L'ayant devancer, Devilish était assis sur une petite colline de terre et l'attendait patiemment. Anke la grimpa et s'accroupit aux cotés de son chat. Celui-ci se coucha sur l'épaisse couche de feuille qui recouvrait le sol et fixa son regard un peu plus bas. Anke suivit son regard.

Le ruisseaux était en fait une petite rivière qui, plus loin, allait se déverser dans le lac. Assit juste sur le bord de l'eau, Macky s'amusait à laisser tomber des cailloux dans l'eau.

Son c½ur rata un battement. Elle ignorait cependant si cela venait du fait qu'elle était heureuse de le voir ou simplement parce qu'elle savait, désormais, qui il était réellement.

Prudemment, elle descendit la petite bute de terre et avança vers l'androgyne. Il releva la tête vers elle lorsqu'elle s'assit à ses cotés et Anke fut bouleversé lorsqu'elle vu la tristesse qui remplissait ses yeux. Elle lui donna un petit coup d'épaule et sourit timidement.

« Pourquoi acceptes-tu de me parler à nouveau ? La voix douce mais aux intonations douloureuse la fit frissonner.
- Je l'ignore. Je devrais avoir peur de toi mais, à tes coté je me sens.. comprise. Et puis, je suis certaine que tu n'a pas fait sa consciemment. J'ai vu les...vidéos. Tu.. tu veux m'en parler ?
- C'est compliquer Anke.. Je.. moi même je ne comprend pas tout. »

Un silence s'installa entre eux entrecoupé par les petits « plop » lorsque Bill jetait une roche dans l'eau.

« Bill ?
- Mmh?
- Qu'est-il arrivé à Tom ? Pourquoi.. pourquoi manquait-il uniquement le c½ur? »

L'androgyne soupira doucement. Soudain, Devilish vint se poser sur ses genoux, la tête contre son ventre.

- « Tu sais.. pour moi, Tom était l'incarnation même de la perfection. Il était mon grand frère. Il me protégeait, me réconfortait. Il était le centre de mon existence comme j'était le sien. Tu ne comprend peut-être pas pourquoi l'on était si proche, mais je crois que c'est normal entre jumeaux. Deux corps pour une seule âme.. ( il fit une pause ) Un jour, Tom est tombé gravement malade. On l'a emmené à l'hôpital. C'est à se moment là qu'on a découvert qu'il avait une malformation cardiaque. Du jour au lendemain, il c'est retrouver privé de sport ou n'importe qu'elle activitée susceptible de lui causer un malaise. Malgré sa, il avait toujours le sourire, était toujours aussi gentil et sociable. Son petit c½ur était faible, mais lui était si fort.

Son regard se perdit de l'autre coté de la rivière. L'épaisseur des nuages sembla diminuer, car maintenant le soleil n'était caché que par une masse brumeuse.

- Je me suis toujours détesté pour cela. Je ne comprenais pas pourquoi moi, j'était en bonne santé et pas mon frère. Peu à peu, j'ai commencé à développer une véritable haine envers cette partie de mon frère qui était imparfaite. Lui l'était alors, qu'est-ce que se c½ur abîmé faisait dans son corps? Parfois, lorsque j'était seul, perdu dans mes pensées, je rêvais que j'arrachais le mien, le séparais en deux et lui en donnait une moitié. Après tout, nous étions identique, non? Alors mon c½ur était aussi le sien. ( il remarqua la mine étonnée de la jeune fille) Je sais.. un peu sinistre, soupira-t-il.
- Non. Enfin, si, mais, c'est tellement touchant. J'ai de la difficulté à trouver cela choquant, en fait.

Le jeune garçon parut réellement surpris des paroles de la jeune fille. Un mince sourire triste esquissa ses lèvres rougis.

- Tu devrais rentrer, Anke. Ton grand-père va se faire du soucis pour toi.

Un éclair de tristesse parcourut la jeune fille. Elle sentait son amertume resurgir en songeant à la maison. Elle jeta néanmoins un bref coup d'½il à sa montre et retint un cris de surprise lorsqu'elle vit qu'elle avait quittée la maison, il y a de cela une heure maintenant. Amadaüs devait, en effet, être inquiet.

- Tu as raison. Je vais rentrer. On.. se revoit bientôt ? la jeune fille épousseta son jean avant de poser ses yeux sur le jeune garçon.
- Peut-être.. les sourcils d'Anke se froncèrent. Sûrement.

# Posté le mardi 17 février 2009 20:01

Modifié le lundi 23 février 2009 19:52